Petit guide modeste pour des feux de camp réussis

Couple au coin d'un feu de camp résussi
©Shutterstock

Au Québec, faire des feux relève de la tradition. On a tous déjà vu s’allumer ou allumer nous-mêmes un feu de camp en camping, au chalet ou même sur notre propre terrain. On connaît bien ses indissociables bienfaits, par exemple celui de nous rapprocher le soir venu, de se réchauffer et d’allonger quelque peu les journées.

Pourtant, les feux de camp regorgent de secrets bien gardés en termes pratiques. Et qu’en est-il de nos habilités à cuisiner au-dessus du brasier lorsque vient le temps d’y faire griller autre chose que des guimauves ? Voici un petit guide pratico-pratique qui résume tout ce qu’il y a à savoir pour la réussite de votre prochain feu.

Cet article est d’ailleurs le deuxième d’une trilogie sur l’art de bien manger en road trip. Il succède à nos trucs et astuces pour une cuisine réussie en campervan, à voir ici, puis précède nos meilleures idées-repas sur la route, à voir ici

Mesures de sécurité

Avant toute chose, la sécurité !

Peu importe où, quand, comment et pourquoi, plusieurs précautions sont essentielles pour assurer votre sécurité, celle de vos proches et de l’environnement autour de vous. 

Est-ce permis de faire un feu ici ?

Quelle est la règlementation municipale au sujet des feux à ciel ouvert ?
Y a-t-il un avis temporaire interdisant les feux extérieurs ?

À titre d’exemple, on notera que, au moment d’écrire ces lignes, il est interdit dans 14 des 17 régions administratives du Québec, partiellement ou sur l’ensemble de la région, de faire des feux à ciel ouvert en forêt ou à proximité. De là l’importance de s’informer fréquemment.

Danger d’incendie 

La Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) met à jour quotidiennement l’indice associé au danger d’incendie. La sécurité publique du Québec demande, de la même façon, de consulter régulièrement l’indice-ô-mètre afin d’adapter nos comportements en corrélation directe avec les dangers d’incendie en forêt. 

Cela dit, que l’indice soit minimal ou extrême, on s’assure de rester prudent, bien entendu !

Précautions initiales 

Choisir un endroit suffisamment dégagé pour établir son feu de camp, idéalement près de l’eau et à l’abri du vent ;
S’éloigner au maximum des bâtiments environnants, mais aussi des arbres et tout autre combustible potentiel. Ça implique aussi qu’il ne doit pas avoir de branches d’arbres au-dessus de nous ;
Se mettre à l’abri du vent. C’est bien connu, le vent est le comburant nécessaire à tout combustible. Vous réduirez ainsi le risque que votre feu se propage ;
Essayer autant que possible de creuser notre foyer jusqu’au sable. Un feu sur la terre noire, par exemple, peut encourager votre feu à se répandre sous le sol par le biais d’autres matières combustibles ;
Bien délimiter le foyer à l’aide de pierres adéquates.

Des doutes persistent ? 

On se pose ces questions : 

Y a-t-il des branches et feuilles qui pourraient être en contact avec les flammes de notre feu ?
Y a-t-il des racines à proximité ? (parce que, oui un arbre peut prendre en feu à partir de ses racines près du sol) ;
Est-ce que les alentours sont bien dégagés ?
Est-ce que le périmètre du feu est bien délimité par des pierres adéquatement choisies et qui ne risquent pas d’éclater ?
L’emplacement du feu représente-t-il un risque pour un enfant ?

Une fois le feu allumé :

Gardez-le d’une dimension convenable, jamais plus d’un mètre de haut ;
Vérifiez qu’il n’y a pas de braises entre les pierres qui l’entoure ;
On garde près de soi le nécessaire pour le contenir. On peut penser à un seau d’eau, du sable ou bien une pelle ;
Ne jamais utiliser d’essence avant, pendant et après; c’est illégal, mais surtout dangereux ;
Faites-le surveiller par un adulte et on n’y laisse pas d’enfants sans surveillance ;
Assurez-vous qu’il est bien éteint au moment d’aller dormir.

Les différents types de feu

Dépendamment de ce que l’on veut en faire, il existe différents types de feu, tous avec des avantages et désavantages qui leur sont propres. On dissociera ici les feux de camp traditionnels des feux recommandés pour la cuisine.

Les feux pour allonger les soirées ou se réchauffer 

Les feux de camp tel qu’on les connaît remplissent parfaitement leur mission de réchauffer notre troupe, mais le sont beaucoup moins pour la cuisson. Parmi les types de feu traditionnels, on retiendra le :

Feu en pyramide/en cheminée : il fournit plus de lumière que de chaleur. C’est la recette classique : on pose le papier puis du petit bois en forme de cône sur le dessus. On monte ensuite la cheminée de forme carrée autour de la pyramide avec du bois un peu plus gros, puis on couronne le tout avec deux belles bûches ;
Feu en bûcher/en tipi : comme le vent y circule mieux, c’est le feu qu’il vous faut pour vous réchauffer. Il brûle cependant plus rapidement et, plus il vente, plus il consommera de bois hâtivement ;
Feu avec réflecteur : le principe est simple. Il suffit d’installer son feu près d’une paroi rocheuse, d’une grosse pierre et même d’un arbre déraciné afin de refléter la chaleur du feu vers la direction de notre choix. Avec un peu de pratique, on arrive même à la diriger de manière très précise sur un endroit spécifique. En plus, le réflecteur a aussi l’avantage de couper le vent.

Et la cuisine ?

Quand l’envie de ranger votre brûleur vous prend, plusieurs options sont possibles en termes de cuisson selon le type de feu recherché et le terrain choisi. Comme ils sont moins connus, il s’avérera judicieux de s’informer sur chaque type de feu pour apprendre à les maîtriser.

Pour une cuisine optimale, on considérera :

Feu en tranchée : comme il ne requiert ni plaque ni barres à feu pour la cuisine, il est idéal pour cuire des aliments à l’intérieur d’une gamelle. On peut d’ailleurs y poser plusieurs gamelles à la fois ;
Feu polynésien : c’est un feu à l’intérieur d’un trou. Il permet de faire cuire notre bouffe à l’intérieur du brasier plutôt que sur le feu directement ;
Feu en étoile : pour une économie de bois optimale, mais qui produit moins de chaleur.

Dans des conditions météo plus difficiles 

Journées venteuses 

Le grand inconvénient d’un fort vent, c’est que le feu crée moins de chaleur. Le meilleur truc : que le foyer soit sous le niveau du sol et qu’il soit entouré de bûches ou de pierres de façon à le protéger du vent. Ça peut aussi fonctionner avec un paravent naturel, par exemple une grande roche ou le pied d’une falaise. 

Attention si trop d’étincelles sont produites : c’est risqué pour la nature environnante, mais aussi pour votre propre matériel. Pour cela, favorisez du bois très sec : il produira moins d’étincelles qu’un bois plus humide.

Journées pluvieuses

Pour protéger notre feu, on créera d’abord un abri ou on utilisera une bâche pour le recouvrir. On recherchera ensuite, si possible, des branches mortes autour de nous, mais qui ne sont pas pourries. Si vous pouvez trouver de l’écorce de bouleau, c’est encore mieux. Dans tous les cas : respectez les arbres et cherchez plutôt au sol !

Un allume-feu ou une chandelle pourrait vous être utile pour embraser le brasier. On rassemble nos trouvailles avec un peu de papier journal, et c’est parti.

Avant toute chose, pensez sécurité !

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